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08 septembre 2015

Migrants ou réfugiés ?

Chacun a été ému par la photo du petit Aylan retrouvé mort sur une des plages de la station balnéaire de Bodrum en Turquie. Il a fallu cette publication HCR-tous dans meme bateau.jpgbritannique, choquante et bien tardive en France, pour alerter l'opinion publique sur le sort des migrant: les réseaux sociaux,  donc la société civile,  en partageant cette photo sous le terme "l'humanité échouée" ont ainsi imposé le débat, et peut-être enfin, l'action des politiques. (Photo HCR "tous dans le même bateau")

Jusqu'à ce jour du 2 septembre, les responsables politiques n'ont guère bougé: peur du "faux pas", surtout avec les futures élections, peur de l'opinion publique française après la parution d'un sondage dévoilant que plus de la moitié des Français sont opposés  à l'accueil de "migrants" … ou de "réfugiés", paralysie face au Front national qui occupe la scène médiatique ?

Il faut dire qu'en effet, les journaux lui sont largement ouverts: feuilleton familial, congrès à Marseille, tous les ingrédients sont là pour lui laisser la parole! Et quelle parole!

Une surenchère verbale, des propos haineux, des chiffres "effrayants" et des affirmations qui donnent le tournis, des propos simplistes qui jouent sur la peur de "l'invasion", de la "subversion migratoire", du fardeau des "miséreux" (qui vont prendre nos emplois), pour lesquels la France est la "destination prioritaire", et contre lesquels il faut se protéger !  Des discours "pleins de bon sens" … qui reviennent aux "fondamentaux" (sic) ; en fait, des propos qui nous reportent dans les années 30 d u siècle dernier et cela est insupportable et ne demandent aucune tergiversation (action de faire traîner les choses  en longueur pour éviter de prendre une décision .. définition du  Larousse) .

Nos fondamentaux, ce sont les droits de l'Homme,  ce sont les valeurs qui ont construit l'Europe, dont la France, des valeurs  d'accueil, de respect de l'autre, de la dignité de l'Homme, en un mot, tout ce qui fait l'Humanisme.

Une "invasion"…  de  qui ? Que disent les données du Haut- Commissariat aux réfugiés, à propos des réfugiés syriens qui sont la plus grande partie de ceux qui frappent à la porte de l'UE aujourd'hui ? (voir les chiffres sur le site du HCR)

4M 088 sont enregistrés le 6 septembre, dont plus de 2 M en Egypte, Irak, Jordanie et Liban, 1,9 M  en Turquie; quant à ceux qui ont envahi la France, la réponse est dans les chiffres (Crédits HCR) :

Capture.syriens en UE.jpg

 

 

Quelles propositions ?

La solution est difficile, personne ne peut le nier : la crise est humanitaire et appelle des réponses urgentes, à court terme; les accueillir est un devoir moral, mais  les réponses sont aussi politiques et juridiques.

Renvoyer les "migrants chez eux "avec humanité"(sic) ?

Il ya bien sûr des migrants "économiques" aux frontières de la Hongrie, de l'Autriche, mais la grosse majorité  vient de pays en guerre, d'Irak, de Syrie, ou peu  sûrs (Libye, Soudan ...) : ce sont donc des "réfugiés". Ces termes ne sont pas interchangeables. Le statut des réfugiés date de 1951; il leur donne accès à l'aide des états et du HCR : ils ne peuvent être expulsés car leur vie est menacée. Les états qui les reçoivent doivent assurer leur sécurité, aidés en cela par le HCR. Les "migrants" quittent leur pays pour des raisons économiques; s'ils retournent dans leur pays, leur gouvernement doit les protéger.

Voir site du HCR :http://www.unhcr.fr/55e45d87c.html

C'est  une crise de demandeurs d'asile, de "réfugiés", que l'on ne peut ni humainement, ni juridiquement renvoyer chez eux… et où chez eux ? Il n'y a plus d'ambassade, même plus d'état ! Dire qu'il faut renvoyer les "migrants chez  eux" ne veut strictement rien dire, sauf à donner dans le registre populiste !

Que peut faire l'Europe?

Jusqu'à maintenant, les dirigeants ont laissé agir les pays d'arrivée en "première ligne" :  Grèce, Italie, malte, et Bulgarie. Or, c'est une crise européenne qui appelle une réponse européenne.

Le 3 septembre, la Haute représentante de l'Union européenne, Federica Mogherini a réagi fermement au manque de réponse  européenne: "nous n'avons plus le luxe d'attendre".  Trop d'attente, de non réponse devant le risque des divisions européennes.  Mais face à  « cette crise sans précédent, nous ne pourrons pas y faire face par le biais d’une approche isolée des Etats membres, par une politique intérieure ou extérieure uniquement, il faut que l’Europe agisse vite dans la solidarité et la responsabilité. Chacun commence à comprendre qu’on ne peut plus s’offrir le luxe de pouvoir de reporter les décisions à plus tard. ».

La chancelière allemande a réagi la première, suivie par la France et l'Italie qui ont réclamé une révision du droit d'asile et une meilleure répartition des migrants en Europe.

Le Président de la Commission européenne propose le chiffre de 160 000 à répartir dans l'UE. Les réunions des 9 et 14 septembre diront si les dirigeants comprendront qu'il faut une réponse européenne, responsable,  solidaire-la solidarité est à la base de la construction européenne-, plus rapide que pour la crise financière.

C'est une crise  peut-être plus grave dans ses conséquences que la crise grecque, en tout cas, ce sera une crise plus difficile à résoudre, car ce ne sont pas des critères techniques, des mécanismes financiers sur lesquels il faudra s'entendre, mais sur des critères humains, des valeurs fondamentales qui sont le socle du projet européen, et cela nécessite une vision humaine et  politique.

Guyancourt en mouvement

 

Commentaires

On pourrait disserter à l'infini sur les termes "migrants" ou "réfugiés", cependant la situation internationale actuelle est claire : des milliers d'Hommes , de Femmes et d'Enfants fuient leurs pays en Guerre pour sauver leurs vies .
Sur le plan Humain, il est évident qu'il faut les sauver, et l'Union Européenne a un rôle majeur à jouer.
Il est cependant effrayant de constater que tous les pays de l'Union ne jouent pas le jeu.
Le bons sens, mais aussi les traités de l'Union devraient faire en sorte que tous les réfugiés soient accueillis et répartis dans l'ensemble des pays de l'Union.

Le traité de Lisbonne n'a t'il pas doté l'aide humanitaire d'une base légale en la considérant, pour la première fois , comme faisant partie de la politique extérieure de l'Union ? . C'est ainsi qu'a été créé le Poste de Commissaire pour la Coopération internationale , de l'aide humanitaire et des réponses aux crises.

En dehors des grandes théories et des grands sentiments, il n'en demeure pas moins que des questions de logistiques se posent : les communes, qu"elles soient Allemandes, Françaises, Autichiennes ou autres, disposent 'elles de capacités d'acceuil suffisantes ? et ce, pendant combien de temps ? pourront-t'elles compter sur les aides des fonds Européens ? Seront t'elles en mesure , par exemple de faire réquisitionner les miliiers de mètre carrés de locaux vacants ?
Autant de questions urgentes qui nécessitent des réponses urgentes.

Par ailleurs, de notre capacité à résoudre ce flux migratoire, résultera notre capacité future à régler des flux migratoires encore plus importants.

En effet, selon une étude de l'association Christian Aid, au moins 1 MILIIARD de personnes vont migrer d'ici à 2050 pour des raisons de conflits armés mais aussi et surtout pour des raisons climatiques.

Les pays les plus pauvres seront les premiers touchés par les migrations climatiques : les pays du sud de l'Asie, du Moyen Orient , d'Asie Centrale, d'Afrique et d'Amérique latine ... et l'Europe par la suite.

Le Haut représentant de l'Union Européene Javier Sclana souhaitait déjà en 2008 préparer l'Europe aux réfugiés climatiques et à la pression migratoire qu'elle subira.

Alors en dehors de toute considération politique de droite, de gauche ou d'ailleurs, il faudra bien un jour saisir cette perspective sur le plan strictement Humain.

Philippe FAUCHER

Écrit par : Philippe FAUCHER | 09 septembre 2015

La réponse sera dans un premier temps humaine.
Chaque personne qui le peut devra prendre part a aider les réfugiés. N oublions jamais que nous avons chacun le pouvoir d aider en democratie et que tout ne " vient " pas que de l etat...
cela pour le court terme.
a long terme nos dirigeants sont bien assez " intelligeants et compétents" ( je l espere bien que pas convaincue )pour trouver avec l europe les solutions geopolitiques appropriees afin de permettre a ces hommes et femmes et enfants d avoir un avenir.
Merci pour ce message sur votre blog.
continuez ainsi je suis sure que de nombreuses personnes le sentent ainsi mais ne le disent pas ...

Écrit par : Martin | 09 septembre 2015

Un grand merci pour ces commentaires qui ouvrent le dialogue.. Rien n'est simple ! Quand on entend que des municipalités arrivent à aménager des logements en quelques jours .. et pourquoi des listes d'attente ? etc .. tous ces arguments sont à attendre .. mais quand des vies sont en jeu, on fait quoi ? et ce n'est qu'un début, comme vous le dites.. En 1936, (Espagnols), années 70 (Boat people.. 1956, crise hongroise .. nous avons dit la même chose . et les temps étaient difficiles ..plusieurs choses sont sûres: on ne peut pas rester en dehors de ces questions .. les réponses ne peuvent qu'être européennes , si ce n'est mondiales et ce sera une question que nos politiques devront prendre à bras le corps en dehors de toute étiquette et en réfléchissant à long terme car c'est de l'Homme qu'il s'agit !

Écrit par : Administrateur | 09 septembre 2015

Merci pour ces commentaires "intelligents" et généreux. Cependant ce qui me frappe, c'est l'emploi du futur, c'est MAINTENANT qu'il faut prendre le problème à bras le corps. Il faut aider nos dirigeants à en prendre conscience......

Écrit par : Maud | 17 janvier 2016

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